La petite histoire

Sosa 12 · Génération IV · Les bisaïeuls · Branche Warnant

Victor Joseph Warnant

1856 – …

Vérifié sur document

Distillateur, né à Bois-de-Villers le 29 janvier 1856. Épouse Marie Elise Beaupière à Lesve le 3 mai 1881, à vingt-cinq ans ; il signe V. Warnant. Fils d'Alexandre Warnant et d'Hortense Brostaud, cultivateurs à Bois-de-Villers, présents et consentants au mariage.

Naissance29 janvier 1856, Bois-de-Villers
Décèsattesté, date inconnue
ProfessionDistillateur
UnionMarie Elise Beaupière — mariés le 3 mai 1881, Lesve

Les pièces

Les documents d’archives rassemblés pour cette personne — cliquer pour ouvrir l’image en pleine taille.

Acte n° 1 — en-tête, identités, filiations, pièces produites
Acte n° 1 — en-tête, identités, filiations, pièces produites1881-05-03_acte-mariage_1-debut.jpg
Suite — célébration, témoins, signatures
Suite — célébration, témoins, signatures1881-05-03_acte-mariage_2-suite.jpg

Ce que les actes racontent

Un distillateur dans un village de fermes

De Victor Joseph Warnant, un arbre consulté en ligne ne disait qu'une chose : « 1856 ». Pas de jour, pas de lieu, pas de métier. Son acte de mariage a tout donné d'un coup, et six ancêtres avec lui.

Il est né à Bois-de-Villers le 29 janvier 1856, et il n'est pas cultivateur : l'acte le dit distillateur. Dans un village namurois de fermes et de journaliers, le métier détonne. Il ne le gardera pas — vingt-cinq ans plus tard, à la mort de son beau-père, on le dira cultivateur comme les autres.

Le 3 mai 1881, à six heures du soir

Acte n° 1. L'an mil huit cent quatre-vingt-un, du mois de mai, le troisième jour, à six heures du soir, pardevant moi Joseph Michel, échevin délégué faisant les fonctions d'officier de l'état civil de la commune de Lesve, province de Namur, sont comparus en séance publique, en la maison communale :

Victor Joseph WARNANT, âgé de vingt-cinq ans, né à Bois-de-Villers, province de Namur, célibataire, profession de distillateur, domicilié à Bois-de-Villers, fils majeur d'Alexandre WARNANT, cultivateur, et d'Hortense BROSTAUD, ménagère, l'un et l'autre domiciliés audit Bois-de-Villers ;

Et Marie Elise BEAUPIÈRE, âgée de vingt-deux ans, née à Lesve, célibataire, sans profession, domiciliée au même lieu, fille majeure de Joseph BEAUPIÈRE, cultivateur, et de Séraphine COLARD, ménagère, tous deux domiciliés audit Lesve.

Pièces produites : 1° acte de naissance de Victor Joseph Warnant, né à Bois-de-Villers le vingt-neuf janvier mil huit cent cinquante-six ; 2° acte de naissance de Marie Elise Beaupière, née à Lesve le trente et un décembre mil huit cent cinquante-huit ; 3° et 4° certificats de publications, les dimanches 27 mars et 3 avril 1881 […] sans opposition ; 5° certificat du Gouverneur de la province de Namur […] attestant que Victor Joseph Warnant a satisfait à la loi sur la milice nationale ; 6° le chapitre six du titre cinq du Code civil, Du mariage.

Après cette lecture, Alexandre Warnant, Hortense Brostaud, Joseph Beaupière et Séraphine Colard, ici présents, ont déclaré donner leur consentement au mariage de leurs enfants. […] j'ai déclaré au nom de la loi que Victor Joseph Warnant et Marie Elise Beaupière sont unis en mariage. Les nouveaux époux ont déclaré qu'aucun contrat de mariage n'a été passé.

En présence de : Philippe Marchal, 36 ans, instituteur · Constant Beaupière, 75 ans, marguillier chantre · Isidore Bouart, 42 ans, cabaretier · Félicien Chambon, 46 ans, fabricant de bas — tous demeurant à Lesve.

Lecture faite, tous ont signé avec moi à l'exception d'Hortense Brostaud et de Séraphine Colard, qui ont déclaré ne savoir écrire.

Signatures : Félix Beaupière · V. Warnant · Elise Beaupière · F. Chambon · J. Bouart · Alexandre Warnant · E. Beaupière · P. J. Michel.

Les quatre parents sont dans la salle

C'est ce qui fait le prix de cet acte. Alexandre Warnant et Hortense Brostaud, venus de Bois-de-Villers ; Joseph Beaupière et Séraphine Colard, de Lesve. Tous quatre présents, tous quatre consentants, tous quatre nommés avec leur métier.

Les deux premiers, un arbre en ligne les donnait déjà — l'acte les confirme, et corrige au passage la graphie : Brostaud, non Brostaux. Les deux autres étaient introuvables : aucun arbre consulté ne connaissait les parents de Marie Elise Beaupière. Ils sortent de cette page, et d'elle seule.

Le « Joseph Beaupière » de cet acte est celui que son acte de naissance nomme Félix Joseph — le prénom d'usage a chassé l'autre, comme si souvent ici.

Ce que les signatures disent d'un village

Regardez le bas de l'acte. Tous signent, sauf les deux mères : Hortense Brostaud et Séraphine Colard ont déclaré ne savoir écrire. Les deux pères signent, eux, et de bonne main.

Le même partage se retrouve, à la même époque, dans la branche paternelle de cet arbre, à cent kilomètres de là : les hommes signent, les femmes non. Ce n'est pas une particularité de famille, c'est l'état de l'instruction rurale dans la Belgique du XIXᵉ siècle, et il se lit d'un coup d'œil au pied de chaque acte.

Un témoin a longtemps intrigué : Constant Beaupière, soixante-quinze ans, marguillier chantre — sacristain et chantre de la paroisse. Par l'âge et le nom, on le croyait grand-père ou grand-oncle de la mariée. Son acte de décès, retrouvé depuis, a tranché : né à Lesve en 1806, fils d'un autre couple Beaupère, il appartient à une autre souche — la vieille dynastie des marguilliers de Lesve, qui tenait la fabrique de l'église depuis le XVIIᵉ siècle, sans lien établi avec la famille de la mariée, venue de Bésinne.

S'il est là, c'est que le sacristain du village servait de témoin dans les actes, tout simplement — on retrouve exactement le même usage à Merchtem, où le sacristain témoigne à la naissance d'un autre de nos ancêtres. La leçon vaut d'être retenue : un patronyme partagé, même au même endroit, même à la bonne génération, ne prouve rien. Il a fallu un acte pour défaire ce que la vraisemblance avait presque écrit.

Où il vit, et où il disparaît

On le retrouve une dernière fois avec certitude le 24 octobre 1906, à cinquante ans, cultivateur, venant déclarer la mort de son beau-père — et signant Victor Warnant de sa main.

Après cela, plus rien. Son acte de décès n'est ni à Bois-de-Villers, ni à Lesve : les tables des deux communes ont été dépouillées année par année jusqu'en 1911, et son nom n'y figure pas. La raison la plus probable est simple et frustrante : il est mort après 1910, et les registres postérieurs à cette date ne sont pas librement consultables. Il faudra passer par l'administration communale pour apprendre quand est mort cet homme dont nous connaissons l'écriture.

Sources