La petite histoire

Sosa 27 · Génération V · Les trisaïeuls · Branche Warnant

Séraphine Colard

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Ménagère à Lesve. Présente et consentante au mariage de sa fille Marie Elise à Lesve le 3 mai 1881, où elle a déclaré ne savoir écrire.

ProfessionMénagère
RésidenceLesve

Ce que les actes racontent

La femme qui échappe

Séraphine Colard est le blocage le plus tenace de cet arbre — et cette page est autant le récit d'une vie que celui d'une traque.

Ce qu'on tient d'elle est mince et sûr : ménagère à Lesve, elle est présente et consentante au mariage de sa fille Marie Elise en mai 1881. Vingt-cinq ans plus tard, l'acte de décès de son mari la dit morte — « veuf de Colard Séraphie », écrit le greffier, amputant son prénom au passage. Sa mort tient donc dans une fenêtre de vingt-cinq ans, entre mai 1881 et octobre 1906, et c'est tout.

Où elle n'est pas

On l'a cherchée partout où elle aurait dû être. Les tables des décès de Lesve, son village. Celles de Bois-de-Villers, où son mari a fini. Celles d'Arbre, le berceau des Beaupère, sur deux décennies. Les index de la province, sous quatre graphies — car les actes de ses propres enfants l'écrivent Colard, Colart, Collard et Collart, au gré des greffiers. La presse namuroise elle-même, numérisée et interrogeable, n'a rien rendu.

Une absence ne prouve rien, mais tant d'absences dessinent quelque chose : elle est probablement morte dans une commune qu'on n'a pas encore ouverte, ou après 1900 dans un registre que la numérisation n'atteint pas. La suite passe par le guichet.

Ce que la traque a donné quand même

Chercher ses enfants a été plus fécond que la chercher elle. L'index de la province, interrogé par les parents, a rendu cinq enfants, tous nés à Lesve : Catherine en 1856, Marie Elise — notre ancêtre — fin 1858, Félicie Marie en 1868, une petite Elise morte à un mois en 1873, et un Camille. Et Catherine a résolu au passage une énigme : mariée à un Constant Bodson en 1878, c'est elle l'épouse de ce « gendre » qui viendra déclarer la mort de Félix en 1906 sans qu'on sût de qui il était le mari.

Un nom qui ressemble à un autre

Reste la question qui donne son sel à cette recherche. Le patronyme de Séraphine, sous toutes ses graphies, est celui — à une lettre près — de Marie Hélène Collart, la grand-mère paternelle de son propre mari, une femme d'Arbre. Deux souches, ou une seule ? Si c'est une seule, Félix a épousé une parente, et deux branches de cet arbre n'en font qu'une.

C'est plausible, séduisant, et rigoureusement indémontré. On l'écrira le jour où un acte le dira — pas avant. En attendant, son acte de mariage avec Félix, quelque part vers 1850-1858, reste la pièce la plus désirée de la branche : il donnerait son âge, son village natal, et ses parents.

Sources