La petite histoire

Sosa 4 · Génération III · Les grands-parents · Branche Heyvaert

Louis Heyvaert

1903 – 1987

Vérifié sur document

Prénoms d'état civil : Judocus Ludovicus, ceux de son grand-père maternel Judocus Ludovicus Vryders. Né à neuf heures du soir au quartier Galgenhaat, wijk D, à Merchtem ; son père, cultivateur, le déclare le surlendemain. Père de onze enfants. Décédé à Falisolle le 17 janvier 1987 : plusieurs arbres portent le 7 janvier, que son faire-part contredit.

Naissance7 novembre 1903, Merchtem
Décès17 janvier 1987, Falisolle
UnionLéontine Van de Winckel — mariés vers 1925, union non vérifiée

Les pièces

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Acte de naissance, l'acte seul — pour illustrer la fiche
Acte de naissance, l'acte seul — pour illustrer la fiche1903-11-07_acte-naissance_recadre.png
Faire-part de décès imprimé
Faire-part de décès imprimé1987-01-17_faire-part-deces.jpg

Ce que les actes racontent

Deux dates pour une naissance

Louis Heyvaert est de ceux dont on croyait tout savoir : un faire-part de décès conservé dans la famille donnait sa naissance à Merchtem le 7 novembre 1903 et sa mort à Falisolle le 17 janvier 1987. Restait à le vérifier au registre.

L'acte a été trouvé, et il a d'abord été mal lu. On y voyait deux dates — zeventienden et negentienden, le dix-sept et le dix-neuf — là où il fallait lire zevensten et negensten, le sept et le neuf. Ces mots néerlandais se ressemblent, et l'écriture ne facilite rien ; c'est le nombre de lettres qui tranche. L'agrandissement a donné raison au faire-part.

Il faut du reste retenir la leçon générale, valable pour tous les actes de ce site : un acte de naissance porte toujours deux dates, celle de la naissance et celle de la déclaration. Louis est né le 7 novembre à neuf heures du soir ; son père est venu le déclarer le 9 au matin.

L'acte, traduit du néerlandais

Acte de naissance n° 152. L'an mil neuf cent trois, le neuf novembre à neuf heures avant midi, est comparu devant Nous Edouard Buckens, échevin délégué, officier de l'état civil de la commune de Merchtem, arrondissement de Bruxelles, province de Brabant : Josephus Heyvaert, âgé de trente ans, landbouwer (cultivateur), né et domicilié à Merchtem, lequel Nous a présenté un enfant de sexe masculin, qu'il déclare né le sept novembre à neuf heures du soir, de lui déclarant, en sa demeure ici au quartier Galgenhaat, wijk D, et de son épouse Maria Catharina Vryders, âgée de vingt et un ans, landbouwster (cultivatrice), née et domiciliée à Merchtem ; auquel enfant il donne les prénoms de Judocus Ludovicus.

Fait en présence de Benoit Goossens, âgé de quarante-trois ans, wagenmaker (charron), domicilié à Merchtem, et de Florent Goossens, âgé de quarante ans, charron, domicilié à Merchtem. Lecture faite, les témoins ont signé avec Nous et le père. Signatures : J. Heijvaert, B. Goossens, Fl. Goossens.

Pourquoi il s'appelle Louis

L'état civil l'enregistre sous les prénoms de Judocus Ludovicus. Personne ne l'appellera jamais ainsi : toute sa vie, il sera Louis — de Ludovicus, son second prénom.

Ce n'est pas une fantaisie. Ce sont, exactement, les prénoms de son grand-père maternel, Judocus Ludovicus Vryders, qui était présent deux ans plus tôt au mariage de ses parents et y avait donné son consentement. L'enfant reçoit le nom de l'aïeul, et l'usage retient le second — comme pour son arrière-grand-père Petrus Joannes, appelé Joannes, ou pour son propre fils Franz.

Ce détail est plus qu'une curiosité : c'est une vérification. Deux actes indépendants, un mariage de 1901 et une naissance de 1903, se répondent par une coutume. Quand les papiers concordent jusque dans les habitudes, la filiation tient mieux.

Une maison, un quartier

Il naît au quartier de Galgenhaat, wijk D — c'est-à-dire dans la Galgestraat, cette rue de Merchtem où son grand-père Philippus Jacobus est mort en 1878 et sa grand-mère Isabella l'année d'avant. La maisonnée n'a pas bougé en vingt-six ans.

La même année, à quelques rues de là, au quartier de Terlinden, naît une petite fille qu'il épousera : Léontine Van de Winkel. Ils ont dix mois d'écart et le même village.

Les deux témoins sont des charrons, Benoit et Florent Goossens, vraisemblablement frères. Le second était déjà témoin au mariage des parents deux ans plus tôt. Et l'échevin qui enregistre la naissance, Edouard Buckens, est celui qui les avait mariés. Un village tient en quelques noms.

Son père signeJ. Heijvaert, avec un i-j, la graphie que la famille emploie pour elle-même. Le père de Léontine, lui, ne saura pas signer l'acte de sa fille. Deux familles de la même commune, la même année, et déjà deux mondes.

De Merchtem à Falisolle

Louis épouse Léontine vers 1925 — la date exacte nous manque encore, l'acte étant postérieur à la borne de numérisation des registres. Et puis la famille quitte le Brabant flamand pour Falisolle, en province de Namur : on passe du néerlandais au français, de Merchtem à la vallée de la Sambre. C'est la rupture géographique de cette lignée, et nous n'en connaissons ni la date ni la raison.

Le couple aura onze enfants. L'un d'eux, Franz, né en 1929, est notre ancêtre. Le faire-part de 1987 les énumère tous, chacun avec son conjoint — c'est une source familiale de première main, et elle confirme la filiation mieux qu'aucun registre.

Sa mort, un samedi de janvier

Monsieur Louis HEYVAERT, né à Merchtem le 7 novembre 1903 et décédé à Falisolle le 17 janvier 1987, administré des sacrements de Notre Mère la Sainte Église.

Les funérailles ont lieu le mardi 20 janvier à l'église Saint-Remy de Falisolle, et l'inhumation au caveau de famille. Le faire-part ne mentionne aucune épouse survivante : Léontine était morte quatre ans plus tôt. Les deux documents se recoupent sans qu'on ait eu à le leur demander.

Il avait quatre-vingt-trois ans, et il était né dans un village où son arrière-grand-père tissait le lin.

Sources