Sosa 7 · Génération III · Les grands-parents · Branche Defleur
Léa Defleur
1900 – 1962
Une seule sourceMère d'Angèle Warnant. Dates 1900-1962 d'après l'arbre mirat25 de Lucie Leclercq.
Les pièces
Les documents d’archives rassemblés pour cette personne — cliquer pour ouvrir l’image en pleine taille.
Ce que les actes racontent
La treizième année du siècle, à onze heures du matin
Léa Defleur naît à Lesve le 13 octobre 1900. Comme son futur mari, elle n'était jusqu'ici qu'une paire de dates sans source dans un arbre en ligne : « 1900-1962 ». Son acte de naissance a réglé la première moitié.
N° 19. Du quatorzième jour du mois d'octobre mil neuf cent, à treize heures. ACTE DE NAISSANCE de Léa Marie Gislaine DEFLEUR, née à Lesve, le jour d'hier à onze heures, fille de Sébastien DEFLEUR, âgé de vingt-sept ans, profession de journalier, demeurant à Lesve, et de Marie JADOT, âgée de vingt-six ans, profession de ménagère, demeurant à Lesve.
Le sexe de l'enfant qui a été présenté a été reconnu être féminin. Premier témoin Clément LECOCQ, âgé de trente-deux ans, profession de chef de musique, domicilié à Lesve. Second témoin Urbain Joseph POCHET, âgé de trente-huit ans, négociant, domicilié à Lesve. Sur la déclaration faite par ledit Sébastien Defleur.
Constaté suivant la loi, par moi Gustave MISSON, bourgmestre […] commune de Lesve, et après lecture faite aux témoins et déclarant lesquels ont signé avec moi.
Signé : Cl. Lecocq · S. Defleur · U. Pochet · Gustave Misson
« Le jour d'hier » : la formule est jolie, et elle évite l'erreur. L'acte est du 14, la naissance du 13.
Ce que l'acte confirme sans en avoir l'air
Ses parents s'étaient mariés à Lesve treize mois plus tôt, le 2 septembre 1899. Léa est donc bien leur aînée — ce qu'on supposait sans le savoir.
Les deux âges portés ici, vingt-sept ans pour le père et vingt-six pour la mère, tombent exactement sur les dates de naissance que leur acte de mariage avait livrées. Ce genre de recoupement ne fait pas un beau récit, mais c'est lui qui transforme une hypothèse en certitude.
Le père déclare lui-même et signe : S. Defleur. Il signera encore en 1906, pour une autre fille.
Un prénom amputé, un piège classique
L'acte nomme la mère « Marie Jadot ». Son acte de mariage l'appelait Pélagie Marie Jadot, et son propre acte de naissance également.
Ce n'est pas une autre femme : c'est le même prénom composé, dont l'usage n'a retenu qu'une moitié. Le phénomène traverse toute cette généalogie — Judocus Ludovicus devenu Louis, Félix Joseph tantôt Félix tantôt Joseph, Petrus Joannes appelé Joannes. Il faut y penser à chaque acte, sous peine de dédoubler des gens qui n'ont jamais existé qu'en un seul exemplaire.
Un chef de musique au berceau
Le premier témoin est Clément Lecocq, trente-deux ans, chef de musique à Lesve. Dans une longue suite de journaliers, de cultivateurs et de charrons, la mention détonne agréablement : le village avait une fanfare, et son chef était assez considéré pour qu'on l'appelle à témoigner d'une naissance. Le second témoin est négociant.
Ni l'un ni l'autre n'est parent — ce sont des témoins de convenance, comme presque toujours. De ce côté, pas de piste familiale.
Deux sœurs, et un ménage qui tient
Les tables des registres de Lesve donnent deux cadettes à Léa : Marie Joséphine Ghislaine, née le 14 septembre 1906, et Adelin Armand Joseph, né le 10 décembre 1909. L'acte de 1906 a été lu ; il dit le père ouvrier agricole — et non plus journalier — et donne aux deux parents des âges qui concordent encore une fois au jour près.
De 1899 à 1909 au moins, le ménage est donc établi à Lesve, chez la mère. Sébastien était venu de Sommière ; il y est resté.
Les prénoms des cadets racontent la même histoire que partout ailleurs dans ces familles : Marie Joséphine reprend sa grand-mère Joséphine Collard, Adelin son grand-père Hadelin Defleur — et peut-être aussi cet oncle Adelin Jadot, charron, qui avait été témoin au mariage de ses parents. On nommait les enfants d'après les vivants comme d'après les morts.
Ce qu'on ne peut pas encore raconter
Son mariage avec Célestin Warnant, vers 1920, et sa mort en 1962 ne sont pas ici. La numérisation des registres belges s'arrête à 1910 ; au-delà, il faut se déplacer.
Ce n'est pas une interdiction, seulement une formalité : les actes belges deviennent publics après cent ans pour une naissance, soixante-quinze pour un mariage, cinquante pour un décès. Tout ce qui concerne Léa est donc consultable aujourd'hui, au guichet de Profondeville — dont Lesve est une section depuis 1977 — ou aux Archives de l'État à Namur. Les registres de population, qui suivent un ménage année par année, y sont aussi : ce sont eux qui diraient enfin où et comment cette famille a vécu.
Sources
- Arbre Geneanet mirat25 (Lucie Leclercq) - https://gw.geneanet.org/mirat25
