La petite histoire

Sosa 33 · Génération VI · Les quadrisaïeuls · Branche Heyvaert

Maria Theresia Debaerdemaecker

1804 – 1859

Vérifié sur document

Née à Merchtem le 6 brumaire an XIII (28 octobre 1804), fille naturelle d'Elisabeth De Baerdemaecker, journalière, âgée de 22 ans, qui la déclare seule ; aucun père nommé. Sa mère meurt à Merchtem le 12 juillet 1825, deux ans avant son mariage. Cultivatrice (landbouwerse). Mariée à Merchtem le 16 mai 1827 avec Petrus Joannes Heyvaert. Âgée de 36 ans le 16 juillet 1841, lors de la déclaration de naissance de son fils Philippus Jacobus. Présente et consentante, avec son époux, au mariage de leur fille aînée Joanna Petronella, à Merchtem le 28 décembre 1854 ; elle y est dite âgée de 50 ans. Décédée à Merchtem, en sa demeure du lieu-dit Breestraeten, le 20 mai 1859 à six heures du matin ; l'acte la dit âgée de 53 ans. Son époux, âgé de 57 ans, déclare le décès et le signe.

Naissance28 octobre 1804, Merchtem
Décès20 mai 1859, Merchtem
Professioncultivatrice
UnionPetrus Joannes Heyvaert — mariés le 16 mai 1827, Merchtem

Les pièces

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Extrait naissance Maria Theresia DE BAERDEMAECKER, annexes 1827 — 28 octobre 1804
Extrait naissance Maria Theresia DE BAERDEMAECKER, annexes 1827 — 28 octobre 18041804-10-28_extrait-naissance-Maria-Theresia-DE-BAERDEMAECKER_annexes-1827.jpg
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Ce que les actes racontent

Une femme sans père

Son acte de naissance tient en trois lignes, recopiées d'un registre de l'an XIII pour servir à son mariage. Il est rédigé en français — la Belgique est alors sous administration napoléonienne — et le voici tel quel :

An treize de la république française, le sixième jour du mois de Brumaire, à deux heures du matin, est né à Merchten, Marie Thérèse De Baerdemaeker, fille naturelle de Elisabeth de Baerdemaecker, domiciliée à Merchten, profession de journalière, âgée de vingt-deux ans, née à Merchten.

Le 6 brumaire an XIII est le 28 octobre 1804. La formule « fille naturelle » n'est pas une nuance de style : elle veut dire qu'aucun homme n'a reconnu l'enfant. Sa mère, Elisabeth, journalière de vingt-deux ans, déclare seule.

Il faut le dire nettement, parce que c'est une limite et non un oubli : du côté paternel de Maria Theresia, il n'y a rien à chercher. La case est vide en droit. Aucun acte ne la remplira, et l'on se gardera de la combler par ressemblance de patronyme — c'est ainsi qu'on fabrique de faux ancêtres.

Ce que sa mère lui a laissé

Elisabeth De Baerdemaecker meurt le 12 juillet 1825, à cinq heures du matin, à quarante-quatre ans. Sa fille a vingt ans. L'extrait de cet acte, joint deux ans plus tard au dossier de mariage, dit d'elle qu'elle était cultivatrice, née et demeurant à Merchtem, épouse de Karel Okens — elle s'était donc mariée après la naissance de sa fille, avec un homme qui n'en était pas le père — et fille de Pieter De Baerdemaeker et de feue Maria Magdalena Van der Veken.

Deux générations surgissent ainsi d'une pièce annexe : les grands-parents maternels de Maria Theresia, dont l'un vivait encore en 1825 et l'autre était déjà mort. C'est tout ce que nous savons d'eux à ce jour.

Curieusement, le second témoin du mariage de 1827 s'appelle Carolus Okens, et il signe. Le beau-père de la mariée, veuf depuis deux ans, est venu à la noce.

Le 16 mai 1827

Elle épouse Petrus Joannes Heyvaert, tisserand de lin, à Merchtem. L'acte la dit cultivatrice et majeure ; il rappelle sa filiation naturelle et le décès de sa mère. Elle a vingt-deux ans, lui vingt-cinq. Le récit de ce mariage, et l'acte tout entier, sont sur la page de son mari.

Neuf enfants suivront, entre 1828 et 1850. Le sixième, né en 1841, est notre ancêtre.

Savait-elle écrire ? Deux actes se contredisent

Voici une contradiction que nous n'avons pas résolue, et qu'il serait plus commode de taire.

Au bas de son acte de mariage, en 1827, une signature figure : M. T. de baerdemaecker. Vingt-sept ans plus tard, au mariage de sa fille aînée, l'acte énonce au contraire que la mariée et sa mère ont déclaré ne pas savoir signer, étant ignorantes de l'écriture — la formule est explicite, et elle contraste avec son mari qui signe juste au-dessus.

Trois explications se disputent. Elle aurait appris à tracer son nom pour son mariage puis perdu l'usage — cela s'est vu, mais on signe rarement moins bien à cinquante ans qu'à vingt-deux. Ou la signature de 1827 est celle d'une homonyme présente dans la salle, et nous l'attribuons mal. Ou la formule de 1854 est une clause de style, appliquée en bloc aux deux femmes sans qu'on ait rien demandé à la mère.

Départager demanderait de comparer une à une, sur l'image en haute définition, chaque signature de 1827 aux comparants nommés dans le corps de l'acte. Tant que ce n'est pas fait, nous ne disons ni qu'elle signait, ni qu'elle était illettrée.

Sa mort, un matin de mai 1859

Elle est morte chez elle, au hameau de Breestraeten, le 20 mai 1859 à six heures du matin. C'est son mari qui vient le déclarer, avec un voisin charron qui avait déjà servi de témoin au mariage de leur fille cinq ans plus tôt — un familier de la maison. L'acte, traduit du néerlandais :

… ont comparu en notre maison communale Petrus Joannes Heyvaert, âgé de cinquante-sept ans, profession de cultivateur, demeurant à Merchtem, quartier H n° 3, époux de la défunte, et Antonius Polspoel, âgé de soixante-six ans, profession de charron, demeurant à Merchtem, connaissance de la défunte ;

lesquels nous ont déclaré que Maria Theresia De Baerdemaeker, âgée de cinquante-trois ans, cultivatrice, née et demeurant à Merchtem, épouse de Petrus Joannes Heyvaert susnommé, fille naturelle de Maria Elisabeth De Baerdemaeker, décédée à Merchtem, est décédée dans cette commune, en sa demeure au hameau de Breestraeten, ce jour vingtième de mai, à six heures avant midi.

Signé : P J Heyvaerd · A Polspoel · V. Thibaut

L'acte lui donne cinquante-trois ans ; née en octobre 1804, elle en avait cinquante-quatre. Ce genre d'écart d'un an est ordinaire — un déclarant arrondit, et c'est l'acte de naissance qui fait foi. Trente-deux ans après leur mariage, l'acte rappelle encore qu'elle est fille naturelle : la mention l'aura suivie toute sa vie.

Son mari lui survivra dix ans.

Sources